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clean beauty

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Cette ITW a été diffusée la 1ère fois en juillet 2018. Depuis, Horace en a fait du chemin. Pubs dans le métro, pop ups et dernièrement un parfum. Quoi ? Votre mec prend encore son after shave pour une eau de toilette ? Il ne sait toujours pas ce qu’est une crème hydratante et son shampooing fait aussi gel douche ? Il est urgent de lui faire découvrir cet épisode de Beauty Toaster.

Derrière l’apparente coolitude d’Horace, se cache un concept hyper sérieux et le désir sincère de créer des produits aux formules les plus clean possibles. Comme le dit si bien Marc : « c’est pas parce qu’on est des mecs qu’on a envie de se mettre n’importe quoi sur la peau ». On est bien d’accord !

Allez, à vos écouteurs, c’est l’heure de Beauty Toaster.

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Organiser des ateliers… Ca fait un moment que l’idée trotte dans ma tête. Ca fait un bout de temps que je demande, à droite à gauche, si l’idée est intéressante. Je me le suis demandé tellement de fois à moi-même aussi.

Suis-je légitime ? Ai-je les compétences ? Ne suis-je pas une imposture ? Est-ce que je saurai faire ? Vous savez… Forcément, vous savez. C’est tellement féminin ce doute, cette censure qu’on s’inflige systématiquement devant la moindre initiative, la plus petite prise de parole quand bien même on serait bardée d’expérience ou de diplômes. Quand bien même, vous êtes reconnue et respectée. Perso, je ne pensais en être victime. Je me croyais même très sûre de moi. Sauf que lorsqu’il s’est agit de parler en mon nom, de conseiller etc. Tout à coup, je me dégonfle. Ma confiance en mes capacités, notamment professionnelles, se pulvérise.

Et oui, ce n’est pas pareil de penser en son for intérieur qu’on est capable et de sauter le pas pour se lancer. Ah, je dois dire que les grèves m’ont bien aidées à repousser l’échéance. Certains contretemps ont également joué en ma « faveur » pour ne surtout pas concrétiser cette « fameuse » idée.

Je reprenais alors ce que j’avais écrit et je me disais que c’était une bonne chose que ça ne se fasse pas, là maintenant tout de suite, car finalement ce que je voyais me montrait que je n’étais vraiment pas prête. Satanée procrastination, jamais très loin celle-là…

Mais j’ai encore été plusieurs fois interpelée (en MP sur IG) sur la difficulté de faire des choix, la peur de s’empoisonner (si, si…), de tomber malade… Car entre ce qu’on lit, ce qu’on entend, la mauvaise foi de certains, ce qu’on interprète et les réseaux sociaux qui en ajoutent toujours une couche, difficile de ne pas céder au stress et de ne pas mélanger toutes sortes de notions (quid du risque ? Quid du danger ?).

Face aux questionnements qui fusaient de partout, j’avais pour habitude de me dire : « faudrait vraiment informer les gens, ça part trop en vrille tout ça ». Et puis un jour, je me suis dit que  » faudrait que je fasse mon boulot » en fait. Puisque mon boulot avait été pendant des années et est toujours d’informer, il était également de mon ressort (de mon devoir presque !) de donner les clefs et les informations dont je dispose.

Pour ce 1er atelier pédagogique qui se tiendra le 1er février à Paris en petit comité (seulement 10 places), je voulais un thème qui parle à tout le monde et sur lequel pas mal de peurs se cristallisent. J’ai donc choisi Le Décryptage du Bio, Clean, Vegan etc.

Et pour bien tout border, je savais que j’allais avoir besoin d’une pro qualifiée. J’ai donc demandé à Marie Dehlinger de co-animer ce premier atelier pédagogique avec moi. J’avais vu un de ses lives sur IG (@poupoune1607), j’aime bien son discours clair, factuel et sans filtre. Marie, en plus d’être une passionnée de parfum est hyper calée en formulation et réglementation et ses paroles sont d’une grande limpidité. Bref, une fois que vous aurez assisté à cet atelier, je suis certaine que vous regarderez vos produits d’un oeil plus expert et que vous n’aurez peut-être plus du tout envie d’en bazarder les 3/4 à la poubelle « parce que machin a dit que » ou « parce que c’était tout rouge sur l’appli truc ».

Pour ce 1er atelier décryptage, j’ai choisi de vous aider à faire la part de l’info et de l’intox ? Avec Marie, on vous apprendra ce qu’est une certification bio. Ce qu’est un produit naturel… ou pas. Que faut-il entendre par clean ? Qu’est-ce que vegan veut dire ? On vous parlera applis et on vous apprendra surtout à reprendre la main sur votre consommation pour ne pas céder aux discours du « dernier qui a parlé »… Vous repartirez avec des connaissances qui vous permettront enfin de faire vos choix en connaissance de cause et sans stress inutile.

Alors, vous venez ? Ce sera en petit comité, vous pourrez ainsi poser toutes les questions que vous voudrez sur la thématique abordée. Et vous ne repartirez pas les mains vides… Voici le lien pour s’inscrire L’Atelier Beauty Toaster Je compte sur vous !

Si on m’avait dit que lancer mon podcast m’aurait autant apporté (pas financièrement, hélas…) je ne l’aurais certainement pas cru. Depuis janvier 2018, ça a été rencontres sur rencontres. Humainement, moi qui suis plutôt d’un naturel réservé, j’ai dû prendre sur moi, aller vers des gens que je ne connaissais pas, les solliciter pour des ITW en croisant les doigts pour qu’ils ne refusent pas de me parler. Inspirer la confiance, c’est simple comme un mail… Enfin pas tout à fait quand même.

En ce début 2020, avec presque 90 épisodes au toaster, ça devient de plus en plus facile. On ne me connait pas, souvent mes interlocuteurs ignorent que je viens de la presse écrite (et ça me va très bien…), mais on connait Beauty Toaster. Au cours de l’année 2019, j’ai aussi été amenée à relever de nouveaux défis qui m’ont permis de vivre de nouvelles expériences en tant que modératrice sur des débats autour des cosmétiques et de l’inclusivité (au CEW), de la femme et du corps (au Bon Marché) ou de l’entreprenariat dans la beauté (au Club BusinessOFéminin). Bref, j’ai développé de nouvelles compétences dans la prise de parole en public, dans l’expertise en tendances cosmétiques aussi.

A chaque épisode de Beauty Toaster, je vous fais découvrir de nouveaux créateurs, des marques différentes et différentiantes, je vous fait partager les coulisses de la création à travers ses acteurs. C’est l’ADN de Beauty Toaster. C’est sur cette idée que je l’ai conçu. Mais, pour en avoir pas mal discuté avec certain.es d’entre vous via IG (qui est mon média préféré pour des tas de raisons), j’en suis venue à la conclusion qu’il manquait une dimension à Beauty Toaster : apporter plus d’informations. Beaucoup se posent énormément de questions sur les cosmétiques encore aujourd’hui, ou ont des peurs justifiées ou non. Alors oui, on a de l’information, ça dégouline même de partout, on a aussi, ne parallèle, des wagons de désinformation hélas, mais au finish, seul.e devant un linéaire, comment choisir, faire la part des choses ?

J’ai moi-même accès à pas mal d’informations sur la cosmétique, et je ressens une vrai frustration à l’idée ne pas pouvoir les partager avec vous. Depuis des mois, j’ai une idée qui me trotte dans la tête : organiser des ateliers pour les fans de beauté et de Beauty Toaster. Alors attention, je ne me lance pas dans le DIY. J’ai du respect pour celles qui en font, mais moi c’est pas mon truc.

Vous aider à y voir plus clair, ce sera l’objectif. De vous aider à démêler le vrai du faux, l’intox de l’info. Car il faut savoir que la beauté, c’est un gros business. Pas aussi gros que l’agro-alimentaire, mais c’est une grosse industrie quand même. Rien que les cosmétiques français représentent 23% du marché mondial. Vous voyez le monde, vous voyez la taille de la France ? Chaque année 170 nouvelles entreprises cosmétiques sont créées en France. Ce qui me fait dire que le Toaster a encore de beaux jours devant lui 😉 Ca en fait des produits et ça en fait des formules à décrypter.

Mais, revenons-en aux ateliers. Mon idée, c’est de vous donner des clefs qui vous permettront de ne plus gober tout et n’importe quoi et d’acheter ou pas d’ailleurs, en conscience. C’est plus important qu’il n’y paraît, car face à cette déferlante de nouveaux produits et face à l’exigence de transparence des consommateurs (thank God !), certains petits malins se disent qu’ils ont une carte à jouer. Et ils sortent l’artillerie lourde : marketing de la peur, messages un peu borderline, voire mensongers, tout est bon pour choper de nouveaux consommateurs et les ferrer. Sauf que dans la réalité, la vérité est beaucoup moins manichéenne. Et c’est cela qu’on verra ensemble. Mais pas que ! J’ai encore plein de thèmes et d’idées…

A l’heure où j’écris ce post (le 2 janvier donc !), la grève des transports bat encore son plein à Paris, donc le 1er atelier initialement prévu en janvier est reporté, mais une chose est certaine, il aura lieu. Toutes les infos seront sur IG et Facebook, pour vous donner toutes les informations nécessaires. Stay Tuned…

Un post cosméto, ça faisait longtemps. Je pensais ne plus avoir grand chose à dire, et puis non finalement… Le froid, l’hiver, les grèves, tout ça m’inspire 😉 Ok, c’est de l’humour, mais y’a du vrai.

Le froid, l’hiver et moi, on n’est pas amis du tout ! J’ai toujours eu un mal fou à me réchauffer quand la température tombe sous les 18 degrés et ça ne s’arrange évidemment pas en vieillissant. Du coup, lorsqu’il faut sortir et, accessoirement puisque c’est d’actualité, attendre le bus pendant de longues minutes au coin d’une rue, ça devient vite problématique.

En plus , je dois gérer la faible hygrométrie hivernale qui fait que ma peau, que ce soit sur le corps ou sur le visage, se déshydrate en accéléré. Alors, depuis quelques années, j’ai appris à mieux adapter ma routine en fonction des aléas climatiques.

Déjà, je m’hydrate un max de l’intérieur. C’est vrai que l’hiver, on ressent moins la soif, mais ce n’est pas pour autant qu’on ne se déshydrate pas. C’est d’ailleurs pire qu’en été puisque là, sans sueur et ni chaleur, on ne ressent presque rien. Erreur ! Le corps subit des pertes insensibles en eau H24, 365 jours par an, il faut donc y faire très attention. Je bois de l’eau, 1,5 l (même si j’ai moins soif, évidemment). Comme c’est l’hiver, je bois également des infusions : j’adore l’hibiscus et le roiboos. J’ai largué le café du matin il y a des années maintenant.

Et puis, j’ai mon petit rituel du matin : eau chaude mais pas brûlante, poudre de cannelle, rondelle de gingembre frais et quelquefois 1/2 citron mais pas tous les matins parce que c’est un peu hard pour l’émail des dents à la longue. J’avale ce « cocktail » pendant environ 15 jours à jeun, tous les matins. C’est pas mal pour retrouver une peu de chaleur au saut du lit et bien attaquer la journée après une nuit à jeun. En plus, la cannelle est un excellent anti-bactérien, elle a également des vertus anti inflammatoires et anti-oxydantes. J’en gratte un tout petit peu, pas la peine d’en utiliser un bâton entier. Et ça, je le fais toute l’année. J’ajoute le gingembre et le citron par intermittence seulement et pas tout l’hiver.

Pour la peau, je fais simple, pas de changement de routine radicale, juste des ajustements. Si je sens que ma peau tire trop le jour, j’applique en sous couche un sérum ou un pschitt d’eau blindée en acide hyaluronique juste avant ma crème, comme ça je scelle l’eau dans les couches supérieures (enfin, c’est l’illusion que ça me donne 😉 ). C’est vraiment en fonction de mes sensations. Et puis, le plus important, je switche de crème, je vais vers des textures plus nourrissantes pendant les mois de grand froid.

Pour le soir, puisque je ne suis pas fan de crèmes de nuit, j’applique quelques gouttes d’huile avant d’aller me coucher s’il a fait vraiment froid dans la journée et que ma peau tire après le démaquillage. Je la choisis riche en vitamines anti-oxydantes. Idéal pour éviter d’apporter trop de choses inutiles à la peau qui a plutôt besoin qu’on la laisse tranquille pendant la nuit. Quelques gouttes d’huile c’est bien aussi pour enrichir un lait corps certes hydratant, mais pas toujours assez costaud pour éviter la peau de croco.

En cosméto, on me demande souvent quels produits j’utilise. Alors malgré la découverte régulières de nouveaux produits et de nouvelles marques, je mets un point d’honneur à terminer les produits que je commence. Pas de gaspillage ! Et avec certains produits, comme les huiles, ça peut durer très longtemps, puisqu’on en met finalement très peu. Mais voici tout de même une petite sélection de soins (pas tous encore testés) qui rempliront leur rôle de bouclier anti-froid à merveille. Bon accessoirement vous pouvez entendre leurs créateurs sur le podcast sauf celui du créateur d’Oskol qui arrive à la fin du mois.

hiver froid peau déshydratation crème nourrissante effet bouclier

La Universal Emulsion de Lixirskin : un soin hybride qui sait tout faire. Et peut même faire office de crème de nuit pour celles qui ne peuvent pas s’en passer. A noter : sa formulation permet d’obtenir un SPF10 sans aucun apport de filtre solaire. En même temps, c’est Colette Haydon qui est à la manoeuvre, donc… Sur lixirskin.co.uk

L’Huile d’Argan True The Argan Company : une huile pure et bienfaisante, naturellement riche en vitamine E anti-oxydante. Elle est parfaite et ne laisse pas de film gras. Je l’adore ! Sur truetheargancompany.com

Et il y en a plein d’autres à la Rose de Damas ou encore à la bourrache (top pour les peaux matures) dont je vous ai déjà parlé. A découvrir chez Vitner’s Daughter (un cocktail précieux mais ruineux), Amalthéa, Oden etc.

L’Huile Repulpante N°3 Oh My Cream Skincare : un savant cocktail d’huile (avocat, marula, jojoba etc.) d’aloe vera et d’acide hyaluronique. Elle est riche en vitamines A, E et C. Elle est parfaite pour booster les peaux sèches en hiver. Sur Ohmycream.com

Le Baume Régénérant de l’Atlantique Oskol : une jolie marque découverte récemment et dont vous entendrez bientôt le créateur sur Beauty Toaster. 99% d’ingrédients naturels (eau de camomille, huile de prune, de chanvre, algues…) dont la majorité sourcés dans la région de Biarritz. Il est riche en omégas 3 et 6. On peut même l’utiliser en masque. Sur Oskol.fr

La Crème de Jour On the Wild Side : une jolie marque qui suit la route du succès. La cueillette manuelle de bourgeons sauvages et la récolte de sève de bouleau font l’originalité de sa formule. Et bien entendu, elle est blindée en huiles made in France. Sur onthewildsidecosmetics.com

Et vous, quelle est votre routine d’hiver ? Quelle est votre dernière découverte cosméto.

Vous connaissez Oh my Cream !, oui forcément. Ce fut d’abord l’un des premiers sites proposant des marques de beauté expertes, auquel s’est très vite ajoutée une jolie boutique parisienne « en dur ».

Celle qui se cache derrière cette réussite, c’est Juliette Lévy, une jeune femme dynamique, passionnée de cosmétiques mais déçue de ne pas toujours trouver l’information qu’elle estimait essentielle pour « vendre » un produit. Et voilà comment elle décide de créer sa boutique idéale en lançant Oh My Cream ! C’était en 2013.

Un entretien passionnant où Juliette parle clean beauty, raconte les débuts de son aventure, les rencontres, les risques qu’elle a pris… L’occasion de glaner quelques conseils judicieux. Avis à celles et ceux qui, dans un coin de leur tête, ont peut-être un projet d’entreprise ou de produit…

Allez, à vos écouteurs, c’est l’heure de Beauty Toaster.

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La beauté version franglaise

J’aurais pu faire cette ITW en anglais, parce que c’est vrai que Lixirskin est une marque anglaise. Oui mais une marque créée par la plus anglaise des françaises : Colette Haydon.

Je suis allée à sa rencontre, dans son laboratoire Londonien, au mois d’octobre dernier. Colette a traversé la Manche il y a plusieurs dizaines d’années et a fait toute sa carrière là-bas, notamment en formulant les produits d’une marque anglaise dont le nom se décline en trois lettres.  Une idée ?

Avec Colette, on a donc parlé de Lixirskin qui émerge doucement mais sûrement en France, on a parlé différences de culture cosmétique et de bactéries… Et on a bien ri, parce que Colette c’est de l’humour en barre !

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De blogueuses à créatrices de marque

Bonjour Elsie, bonjour Dominika. Comment vous  êtes-vous rencontrées ?
Elsie Rutterford (à droite sur la photo). On s’est rencontrées alors qu’on travaillait ensemble. Ca fait un bail maintenant, peut-être 6 ou 7 ans. On travaillait dans la pub. On a été embauchées à peu près au même moment, pour des postes similaires et on passait beaucoup de temps ensemble. On est devenue de bonnes collègues, de bonnes amies et c’est comme ça que notre relation « business » a commencé.

Et vous aviez déjà une passion pour les cosmétiques ?

Dominika Minarovic (à gauche sur la photo). Je pense qu’on avait une passion pour les cosmétiques, mais plus en tant que consommatrices. on était des « junkies » de beauté, Et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours été très branchée spa, relaxation, massages, le côté plaisir de la beauté. Et Elsie a toujours été passionnée par la couleur, elle a toujours testé et utilisé la beauté comme moyen d’expression pour mettre en avant sa personnalité, donc je pense qu’on aimait la beauté chacune à sa façon, mais notre amour de la beauté nous a réunies.

Est-il vrai que tout a commencé dans une cuisine ? Vous étiez plus cuisine que beauté, au début, c’est vrai ?

Elsie. Oui, j’ai pas commencé par la cuisine à proprement parler mais l’idée c’était plus de cuisiner pour sa peau. Donc on regardait ce qui se faisait en cuisine. Et on a été influencées par tout ce mouvement autour de la nourriture, l’alimentation saine et le wellness. On trouvait ça super et on faisait des trucs comme des smoothies green, et on s’est demandé si on ne pouvait pas transposer ça dans la beauté. On a bien évidemment commencé dans la cuisine, on allait dans le réfrigérateur et on disait : « Tiens, on a des avocats, voyons si on peut avoir les mêmes bénéfices en l’appliquant en masque sur la peau qu’en le mangeant. »

Et en 2015, vous avez crée votre blog, Clean Beauty Insiders. De quoi parlait-il ?

Dominika. Je pense que ça correspond à la période où on a commencé à se détourner des marques cosmétiques traditionnelles pour aller vers des alternatives plus naturelles. Et parce qu’on a été assez déçues par ce qu’on trouvait en termes de beauté naturelle que ce soit en pharmacie ou dans les boutiques de beauté traditionnelles, on a décidé de faire nos propres produits.

Vous trouviez les produits naturels ringards ?

Dominika. Je pense qu’à cette époque, le naturel était plutôt un marché de niche et très marginal. Et on trouvait que les formules étaient très sommaires, elles n’avaient la pas la sophistication ou la science ou alors elles ne se présentaient pas de cette façon, mais c’est vrai qu’elles n’avaient rien de funky, elles n’étaient pas modernes. Et l’expérience, le résultat étaient décevants par rapport aux cosmétiques qu’on achetait avant. Et c’est parce qu’on ne trouvait pas ce que l’on cherchait qu’on a crée Bybi. Mais Clean Beauty Insiders c’était bien avant, ça racontait notre voyage de la cosmétique traditionnelle vers la cosmétique naturelle, on partageait nos recettes beauté, on a construit une communauté, on a commencé à parler de beauté naturelle, ce que personne n’avait jamais fait avant, en Grande-Bretagne.

Et ce fut un succès dès le départ ?

Dominika. On aime bien se dire que oui, plus que le succès, ce qu’on a fait c’est de nous constituer une communauté vraiment loyale et engagée. Et cela a contribué à développer le blog et nous a préparé à la création de notre marque, parce qu’on a senti qu’il y avait une vraie passion pour ce qu’on faisait et je pense qu’on avait vraiment trouvé une sujet intéressant et innovant, un ton juste pour parler d’un secteur cosmétique qui était là depuis longtemps, mais dont on n’avait jamais parlé de façon intéressante. Donc ça nous a motivées.

Je sais que vous avez suivi les cours de Formula Botanica (cours en lignes sur la formulation de produits bio et naturels), vous pensiez déjà à monter votre propre marque ?

Elsie. On aimait bien faire nos recettes, et on a pensé qu’il y avait un truc à faire dans ce secteur en plein développement, tous nos amis nous demandaient « Est-ce qu’on peut acheter ce baume que vous venez de fabriquer ? ». On s’est dit qu’on pouvait peut être se faire payer. Mais n’ayant aucune formation en cosmétiques, on a pensé que ce serait un peu compliqué. Alors on a cherché où on pouvait étudier tout en continuant à travailler. Et Formula Botanica dispense des cours online. Alors on a étudié La Formulation de Produits Naturels,  et ça nous bien aidées pour renforcer les connaissances que nous avions déjà acquises de façon empirique en fabriquant nos propres produits, ça nous a enrichies et ça nous a permis d’écrire un livre sur nos recettes (publié chez Penguin). Donc ce cours nous a vraiment amenées à l’étape suivante et nous a légitimées en tant qu’expertes.

Et comment avez-vous eu l’idée d’écrire ce livre ?

Dominika. On avait l’habitude de partager nos recettes et ce format écrit+visuel pouvait très bien être transposé sous forme de livre. Il y avait également, à cette époque, un mouvement autour du Clean Eating (ndlr. Stop à la mal bouffe) et plein de livres autour de ce sujet. Donc c’était très facile pour nous d’incarner l’équivalent beauté du Clean Eating. On était dans les super aliments, les aliments de votre réfrigérateur que vous pouvez transformer en  produits de beauté sur mesure. Donc c’était facile et plein d’éditeurs étaient intéressés. Ca a été une super expérience et on s’en souviendra toujours.

Bybi, vegan, clean beauty, England, Brexit

Bybe est né peu de temps après le livre, pourquoi était-ce si important de créer votre marque ?

Elsie. On s’est rendu compte qu’il y a avait un manque sur le marché. Et on était très enthousiastes à l’idée d’être celles qui combleraient ce manque. On est très ambitieuses. On savait qu’on voulait faire un truc à nous. Dominika l’a évoqué, mais on voulait créer une marque avec de l’éthique d’un point de vue formulation mais également avec de super ingrédients, pas des trucs plein d’eau, avec plein de filler synthétiques (ex. silicones) qui n’ont aucun intérêt pour la peau.  Donc la formulation était importante. Mais il fallait également que nos produits soient vegan, non testés sur les animaux (ndlr. Notez que les tests sur animaux sont interdits dans l’Union européenne depuis 2003) et s’inscrivent dans un processus de durabilité. Tout en voulant leur donner un look frais et moderne. C »était nos engagements et on a aussi pensé que, et on pense toujours qu’il n’y a pas encore grand monde sur ce segment de la beauté naturelle et que c’était important de créer cette marque et de permettre aux gens de la trouver dans les magasins de beauté et non dans les magasins bio traditionnels.

Avez-vous été inspirées par d’autres marques ? Non, apparemment non…

Dominika. Si, on l’a été bien sûr. A ce moment-là, il y avait des marques très intéressantes qui se lançaient, comme Glossier. Il y a tellement de marques qui nous inspirent. Nos valeurs qui sont le veganisme, l’absence de cruauté sur les animaux et la durabilité se retrouvent ailleurs que dans la beauté. Et on s’inspire de plein d’autres entrepreneurs dans différents domaines qui partagent notre éthique. Mais la beauté est un secteur particulièrement  dynamique en ce moment alors oui, on regarde ce que font les autres, que ce soit le packaging, le marketing, la distribution, Instagram, comment ils échangent avec leur communauté, comment ils la construisent. Il y a plein de marques, surtout les indie brands (ndlr. marques indépendantes), qui nous inspirent.

Anglaises, américaines, françaises ???

Dominika. Je citerais des marques comme Glossier, Drunk Elephant. En Grande-Bretagne, on a Isle of Paradise et il y en a plein d’autres.

Et dites-nous en plus sur Bybi. Qu’est-ce qu’elle a de différent ?

Elsie. On est 100% naturel. on est labiliés vegan par la Vegan Society et certifiés Curelty Free avec Leaping Bunny . Et l’un des point importants pour nous, c’est la durabilité. Ca devient de plus en plus important au fur et à mesure que la marque grandit. Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’impact écologique, on est nous-même très préoccupées par le sujet. La durabilité c’est une chaîne, donc on regarder chaque ingrédient qu’on utilise depuis sa mise en culture, son extraction jusqu’à son arrivé aux UK, comment ils est cultivé jusqu’à la commercialisation du produit fini. On fait de gros efforts sur le packaging. On utilise du verre dès que possible, vu qu’il est recyclable à l’infini, on imprime directement sur le flacon contrairement à d’autres, on utilise un bio-plastique issu de la canne à sucre, qui est à la fois biodégradable et recyclable, donc on est pas mal engagées sur cet aspect. Notre ambition est de devenir la plus grosse marque de beauté durable. Cela étant dit, on ne fait aucun compromis sur l’efficacité de nos produits. On utilise d’excellents ingrédients, ils sont vraiment efficaces, ils font une belle peau saine, ils donnent de l’éclat, mais on le fait dans le respect de l’environnement. C’est ça Bybi.

Bien que vous ayez commencé par le DIY, vous n’avez pas voulu faire de Bybi une marque de DIY ? Pourquoi ?

Dominika. Je pense que le DIY reste encore assez marginal. Et penser que dans nos vie modernes les gens ont le temps de fabriquer leurs propres produits est une idée formidable mais pas très réaliste. Bybi a été créé en partie pour réunir un certain nombre de valeur et provoquer un changement de comportement. On produit en masse, donc faire du DIY est compliqué. Mais on essaie de donner une touche de DIY avec certains produits comme dans la ligne de Boosters, des huiles pressées à froid, le type même de booster hyper efficace que vous pouvez ajouter à votre routine beauté. C’est un concept DIY assez naturel. Vous pouvez enrichir votre crème en mélangeant quelques gouttes d’un des boosters en fonction de l’état de votre peau. Et vous n’avez pas à acheter de nouveau soin. C’est ce côté sur-mesure que l’on aime dans la beauté DIY et non le produit que l’on reconstitue complètement tous les jours. On essaie encore de le faire en perso mais, c’est juste…

La vie moderne…

Elsie. C’est drôle quand même, de pouvoir aller dans sa cuisine. Mais maintenant que nous sommes des entrepreneures ou des créatrices, comme on dit, on n’a plus trop le temps.

Est-ce que certains ingrédients sont interdits chez Bybi ou seriez-vous prêtes à faire des compromis ?

Elsie. Pour l’instant nos formules sont à 100% naturelles, on n’utilise aucun ingrédient synthétique, on n’utilise pas non plus d’ingrédients d’origines animale. Sur le vegan et le cruelty-free, on ne fera pas de compromis. Il n’y a aucune raison d’utiliser des ingrédients d’origine animale aujourd’hui dans la beauté, surtout dans le skincare où on peut s’en passer facilement. Sur le tout naturel, il y a un an, on aurait eu une réponse différente, mais si un jour dans une lointain futur, il s’avère qu’un ingrédient synthétique est plus durable qu’un ingrédient naturel, c’est quelque chose qui doit être pris en compte. On doit être flexible étant donné que la durabilité est l’un de nos piliers. Et si cet ingrédient est bénéfique, en termes de résultats, pour la peau, on ne doit pas fermer la porte à ce genre d’option, mais pour l’instant, on reste 100% naturel.

Le vegan et le bio, c’est un gros truc en Grande-Bretagne en ce moment ?

Dominika. Oui, avec tout ce qu’on entend sur le changement climatique, les gens vont vers des marques plus éthiques, parce qu’ils pensent que c’est mieux pour la peau et pour l’environnement, ce qui est globalement vrai. Et plus particulièrement, avec la beauté vegan, les gens pensent que les produits dérivés d’animaux n’ont rien à faire de les cosmétiques, et encore moins les tests sur les animaux. pour les consommateurs, ces deux valeurs vont ensemble. On n’aime pas dire que c’est une mode car on espère que ce sera plutôt une lame de fond qui sera là pour durer, mais c’est effectivement une interrogation grandissante chez les consommateurs.

Est-ce que les consommateurs anglais sont aussi méfiants à l’égard des cosmétiques traditionnels que le sont les français ?

Elsie. Oui, je le pense. Je pense que cela a été instillé par le digital et le fait que l’information est si rapidement et facilement accessible aujourd’hui. Ce qui veut dire que pour des marques qui pendant des dizaines d’années n’avaient pas à partager la liste de leurs ingrédients ou à communiquer sur leur éthique, ces informations sont dorénavant disponibles pour les consommateurs, ce qui veut dire qu’il y a plus de demande de transparence et de meilleurs comportements. Plus que de la méfiance, je dirais que les gens veulent du mieux dans tous les domaines : alimentation, mode, beauté. Ils n’hésiteront pas à faire plus pour savoir si ce qu’ils achètent est mieux  et ce qui se passe, c’est que les grosses marques se font attraper quand leurs formules ne sont pas clean. C’est bien que le consommateur soit plus averti et informé, ça pousse les marques à être irréprochables, donc je pense que c’est un mouvement positif.

On trouve Bybi dans pas mal de pays maintenant, quelle est la prochaine étape ?

Dominika. Je pense qu’il y a encore plein de domaines à explorer en cosmétique, même si notre coeur de métier c’est le skincare.  Je crois qu’on peut nous trouver à peu près partout surtout grâce à notre partenaire Sephora. On est vendu en Europe, en Australie, en Asie du Sud-Est. Je pense que notre souhait serait que Bybi soit disponible pour plein de gens à travers le monde, mais il y a encore certaines parties du monde où nous ne sommes pas présentes, comme les US (Sephora US si tu nous entends), le Canada, le Moyen-Orient. Il y a encore tellement à faire. Et chez nous, on aimerait devenir une marque de référence car il n’y a pas de marque comme la nôtre, alors ce serait bien que les gens nous découvrent nous et notre passion, car je crois qu’on peut vraiment changer les choses en termes de durabilité en Angleterre. On a encore beaucoup à faire. On voudrait faire plus de démaquillants, d’hydratants, mais ça arrive, alors restez bien à l’écoute…

Pas de produits corps ou cheveux ?

Dominika. Pas pour l’instant. On a des produits visages qui conviennent pour le corps, même s’ils ne sont pas formulés pour le corps.

Je sais que vous avez aussi un podcast. Où trouvez-vous le temps pour le faire ? (ndlr. Clean Beauty Insiders)

Elsie. Oui, bonne question. On essaie, le truc c’est qu’on adore parler, au cas où vous ne vous en seriez pas aperçus, alors quand on s’y consacre on le fait avec plaisir. Le truc , c’est de se donner une plage horaire et de s’y tenir. Ce n’est pas aussi régulier qu’on le voudrait, seulement toutes les 2-3 semaines, ça dépend de nos plannings. On a 12 épisodes maintenant.

Et pour les gens qui ne connaissent pas, de quoi ça parle ?

Elsie. Ca parle de beauté, d’entrepreneuriat et de durabilité. On parle de ce qui nous passionne. On parle de challenges, de levée de fond, de comment on est entrées chez Sephora. On parle aussi de nos produits de beauté préférés comme Sunday Riley, ou de soins esthétiques. Voilà, si vous voulez entendre 2 entrepreneuses de la beauté parler de leur expérience.

Oui j’ai entendu, c’est très intéressant. Alors bienvenue dans la famille des podcasteurs !