En ce moment, je redécouvre le squalane, c’est pourquoi j’ai eu envie de vous en parler. Ni nouveau, ni révolutionnaire, quoi que… Light, inodore, il est, selon moi, une bonne alternative à l’huile végétale vierge qui peut en rebuter certain.e.s. Je l’utilise depuis quelques semaines dans ma routine beauté et même pour mes cheveux. Mais, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser quelques questions sur l’origine de cet ingrédient très prisé des cosmétologues.

En recherchant, je lui en ai trouvé trois (je vous rassure, j’en connaissais au moins 2) et c’est là que ça devient à la fois intéressant et compliqué, il faut bien l’avouer. A l’état brut, le squalane n’existe pas. Il est obtenu après transformation du squalène. Squalène, squalène… Ca vous fait penser à squale, requin. Eh oui, hélas, le premier squalane utilisé en cosméto venait (et vient encore) du foie de requin.

Une origine mortifère

Quand on connait les pratiques de pêche de certains pays, ça fait froid dans le dos. On n’a pas envie de cautionner ça. Personne n’a envie de soutenir une marque qui fermerait les yeux sur la maltraitance animale. Et quelle maltraitance ! Pourtant ce squalane est encore utilisé, notamment en pharmacie, mais à moindre échelle aujourd’hui dans les cosmétiques, car d’autres alternatives existent, Dieu merci !

La majeure partie du squalane utilisé en cosméto provient aujourd’hui de la part insaponifiable (non soluble dans l’eau) de l’huile d’olive, mais aussi du soja ou encore du tournesol. On en extrait du squalène végétal que l’on transforme en squalane par hydrogénation pour lui assurer une meilleure stabilité.

Bon à savoir : en bio, seuls le squalane d’origine végétale est utilisable. De plus, il doit avoir été extrait sans solvant ou composant chimique.

Les squalanes de synthèse et synthétiques

Il existe également un squalane de synthèse obtenu à partir d’un processus de fermentation de la canne à sucre. Donc origine végétale là aussi, mais avec un processus de transformation qui fait débat, car polluant.

Enfin, le squalane peut être totalement synthétique, ou plutôt minérale, puisque fabriqué à partir d’hydrocarbures. Ici, le problème est encore une fois écologique et il est double : il y a d’une part le processus d’extraction de l’hydrocarbure en question qui est super polluant (émission de gaz à effet de serre, pollution des régions d’extraction). Et d’autre part, encore une fois (une fois de trop !), on exploite une ressource naturelle qui est évidemment loin d’être inépuisable.

Le squalane issu du squalène végétal The Ordinary
Un seul nom pour tous les squalanes

Tous ces squalanes ont des propriétés et vertus identiques. Emollients, hydratants, sans effet gras, fluides, assouplissants, à pénétration rapide, super tolérance et affinité parfaite avec le film hydro lipidique… Ils cochent toutes les cases d’un point de vue cosmétique.

Le soucis, c’est qu’il est quasi impossible de savoir d’où provient le squalane utilisé par une marque, sauf si elle joue à fond la carte de la transparence et indique par exemple « phytosqualane » ou « squalane végétal ». Mais le nom INCI attitré est « squalane » quelle que soit son origine première. A partir de là, tout est possible. Les prix de cet ingrédient étant lissés, on ne peut même pas se fier à ce critère pour déterminer si tel ou tel squalane est d’origine végétale, animale (à la limite, c’est le plus cher car il devient rare, fort heureusement) ou synthétique.

Comment savoir alors ?

Si vous avez un doute, n’hésitez donc pas à interroger la marque, surtout si vous avez des principes auxquels vous ne souhaitez pas déroger. En cas de produit bio, la marque, devrait utiliser du squalane végétal, normalement. En revanche, si la marque est plus conventionnelle, pas sûr qu’on vous dise la vérité, car comme souvent les cordonniers sont les plus mal chaussés. Non pas pas mauvaise foi, mais plus par ignorance. Donc le risque est que l’on vous réponde ce que vous voulez entendre…

Dommage qu’on ne puisse pas, à un niveau consommateur et par soi-même, détecter l’origine animale ou végétale d’un tel ingrédient. Donc en cas de doute, je dirais qu’il vaut mieux s’abstenir (à moins que la marque joue vraiment la carte de la transparence, encore une fois). Mais on ne se fiera pas forcément au fait qu’elle crie sur tous les toits qu’elle est « cruelty free » ou « vegan ». Je rappelle que ce ne sont pas des labels et que ces allégations ne font l’objet d’aucun audit. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient…

Et vous, le squalane, vous connaissiez ? Vous l’utilisez ?

Un immense merci à Gaël Boutry de Global Beauty Consulting

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